D'ici six mois, je serai papa.
Je serai le guide, le mentor, l'exemple à suivre, le héro, le support et même la dépendance de ce petit être que moi et ma chérie mettrons au monde. Ca me fait un peu drôle. Vous me direz que c'est normal et que tous les nouveaux parents passent par là. J'en conviens.
Je ne suis pas pire qu'un autre. Par contre, pour moi c'est l'inconnu le plus total. Le défi le plus extraordinaire que j'aurai à relever de ma vie.
Si pour la plupart des nouveaux parents, ce défi est titanesque, pour moi il l'est d'autant plus car je n'ai jamais eut de père. Je ne fais pas pitié, je ne suis pas le seul au monde à être déficient du paternel. Mais en regardant ce qui s'en vient devant moi, je me rend compte que mes points de repère ne sont pas vraiment encrés. En fait, ai-je des points de repère? Je réalise que finalement je n'ai pas vraiment d'encrages ou d'exemples à me rallier. Vous savez ce type de situation où vous pouvez vous fier à ce qui s'est passé dans votre propre vie lorsque vous étiez enfant. Les exemples que j'ai sont plutôt du type « quoi ne pas faire ». Ca par contre, j'en ai en tabarnak!
Plus jeune, à la maison, le paternel était plutôt l'ennemi à abattre. Du moins, c'est ce que ma mère ma toujours enseigné. Assurément parce qu'il n'était pas là. On m'a élevé en m'apprenant à me contenter de ce que j'avais. Jouets, cadeaux et situation familiale incluse. Je me suis jamais plaint. Jamais. Même dans la pauvreté relativement extrême. Je me contentais. Si j'avais besoin de savoir des trucs d'homme, je me fiais à ce que mon ami d'enfance vivait. Sans lui dire, je le regardais évoluer et je me disais que je devais aussi procéder de la sorte. J'ai donc appris à appâter des hameçons quand on allait à la pêche en dessous du pont, à faire des sports et à réparer mes crevaisons de vélo grâce à cet ami. Je lui dois tellement. Malheureusement, j'ai eut de la barbe avant lui. C'est donc la raison pour laquelle j'ai de la barbe dans le cou. Je ne savais pas qu'il fallait arrêter après la fin du menton. De plus, coté filles, ça a prit tellement de temps avant que je prenne mon courage à deux mains afin de ne plus juste « être leur ami ». Le fait que je n'ai pas eut de père doit avoir un lien avec le fait que j'ai toujours rushé avec le père de mes blondes. Mais vraiment. Il y a pleins de situations comme ça où je peux attribuer une certaine responsabilité à mon manque de père.
Ca me trotte dans la tête pas mal ces jours-ci. Quelle sorte de père serai-je? Comment mon rôle de paternel va se passer? Est-ce que je serai autoritaire ou juste bin cool? Qu'est-ce que je vais dire à mon enfant quand il me demandera comment était son grand-père? Je sais pas, on dirait que j'essaie de pas trop y penser mais en même temps ça me hante. Un peu comme tout le monde, je veux offrir ce qu'il y a de mieux à mon enfant. Je ne parle pas de matériel là. Je parle de présence, d'affection, d'amour et de matière paternel. Juste ça. Être là pour elle/lui quand le besoin sera là. Savoir lui enseigner les bonnes choses. L'aimer profondément d'un amour naturel.
Plusieurs diront que ça va venir tout seul. Bin non, malheureusement pas pour moi.
Je n'ai aucun doute de mes capacités à être un bon père. Fuck non! Par contre, je devrai m'appliquer d'avantage afin de fournir tous les outils nécessaires à ce magnifique petit être en devenir. L'enfance est tellement la période la plus cruciale dans une vie. Jamais au grand jamais je ne voudrais gâcher cela. Plusieurs le font déjà assez bien comme ça.
La période qui s'en vient dans la vie de moi et ma conjointe me fait me poser quelques questions. Oui. Mais me motive tellement à donner le meilleur que j'ai de moi afin de partager tout ça avec mon enfant. Je suis persuadé que je serai un père merveilleux qui saura enseigner l'amour, l'ouverture d'esprit, le gros bon sens et les valeurs de partage. Je ne serai pas le type de papa qui ne démontre pas son enthousiasme ou ses émotions parce que je suis juste pas capable de faire ça. J'aurai mes défauts, certes! Mais je vais essayer de les travailler tout au long de notre apprentissage commun. J'ai l'impression que ce qui s'en vient sera très beau et enrichissant pour mon enfant mais aussi beaucoup pour moi.
Une sorte de belle brise de douceur sur ma vie. Un vent d'espoir sur mes froides nuits. Je ferme un livre qui m'a fait tant rusher pour en ouvrir un autre rempli d'amour, de joie et de partage. Je sais pas si un jour je ferai la paix avec mon passé. Je sais pas. Par contre, une chose est certaine, le bonheur que cet enfant m'apporte déjà sans même être présent est sans précédent. La portion que cela prend dans ma vie est déjà nettement supérieure à celle que j'accorde à mon passé. Ca fait du bien. Je sais que ce dernier est garant de mon futur mais j'ai bien l'intention de faire autrement. J'ai pas le choix. Autrement! Esti que je vais être bon pour le faire!
Tellement!
*Écrit sur The Sun Smells too Loud de Mogwai*