Y s'en est passées des lunes depuis les derniers mots.
Beaucoup de choses dites et faites. Pas trop le goût d'écrire ou de parler. De tout, de rien.
La suite des souvenirs de la rue Mont-Royal va venir un jour...
Ces derniers mois on dirait que soudainement, mes pieds prennent de plus en plus place là ou je les veux vraiment. Y'a comme une sorte d'assumation générale de qui je suis, de qui je deviens. C'est cool mais c'est aussi très étourdissant.
Plus tôt dans la journée, je lisais un commentaire de Stéphane Laporte dans La Presse. Commentaire qu'on bon ami a mit en lien sur Facebook. Ca parlait du fait que les politiciens ne prennent pas position, qu'ils consultent toujours trop les gens pour prendre des décisions etc etc... Bref, j'étais super d'accord avec les propos écrits , même que c'est comme venu me chercher. Pour 1 minute et quart, le temps de marquer un commentaire sur le profil de mon ami. Et de m'arrêter quelques secondes sur ma chaise au travail.
La suite s'est plutôt transformée en une réflexion interne. Un espèce d'écoeurement général de tout ce qui m'entoure. Une sorte de questionnement sur si oui ou non, un jour les choses changeront. Si oui ou non les "choses" ont vraiment besoin de changer. Est-ce que c'est moi qui doit changer et m'adapter ou si j'ai raison de trouver que y'en a une osti de gang qui sont caves. Le tout vite vite en 1 minute...
Il y a comme une sorte de cesser le feu depuis quelques mois chez moi. Un sorte de drapeau blanc obligatoire dans mes façons de voir ce qui m'arrive et ce que j'en pense. On dirait que j'ai comme le besoin de faire quelques pas en arrière pour être bien certain de voir ou je vais aller. Je sais que depuis toujours j'ai été le commandant en chef prêt à tirer sur quiconque s'oppose à mes plans. Y'a fait chaud très souvent dans ma vie. Mais la fatigue s'installe et j'ai comme pas le choix. J'abdique on dirait. Mais pas par lâcheté. Oh non! Je suis juste fatigué de tout ce qui tourne pas rond. De la bêtise humaine. La crisse de bêtise humaine! J'en peux comme plus d'entendre et de lire toutes ces ignobles choses sur les autres. Tout le monde a raison, personne ne s'écoute.
J'ouvre la télé, je vois ces pantins de politiciens et leurs politiques à but lucratif qui dansent pour avoir nos votes alors qu'ils nous jouent dans le dos sans s'occuper de nous, de notre santé, notre mieux-être. Je vois mon nouveau camion, payée avec les sous de mes heures au travail se détériorer parce que nos routes sont en ruine. Je vois ces anarchistes gauchistes qui pensent refaire le monde en brulant des McDo et en faisant un pied de nez aux grosses compagnies américaines en n'achetant pas dans leurs magasins. Je vois aussi ces québécois qui font des pieds et des mains pour être accommodants, allant même jusqu'à s'oublier soi-même. Jusqu'à piller sur leur voisin pour être bien certain de ne pas paraître pour des gens non ouverts aux autres cultures. C'est triste. C'est ça notre culture. Culture de merde. Je vois ces patrons à mon travail. Ils n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils font mais ils sont des patrons. Monter pour monter. C'est ça l'important. Des collègues de travail et des voisins qui se salissent en hypocrites. La belle affaire tsé. J'en aurais pour des pages et des pages. Ca devient tellement ridicule, je suis même capable de faire quelques pas vers l'arrière et de fermer ma gueule pour une fois! Ca arrive jamais ça!
À 32 ans, j'ai comme le goût de sauter de l'autre bord. Bin non je veux pas me suicider. Du bord des gens qui s'en calissent finalement. Tu sais, juste vivre sa vie et se foutre du monde autours. À part ceux que j'aime et que je sais qu'ils me respectent, je ne vois aucun intérêt à dépenser mon énergie pour les autres. C'est comme créer sa petite micro-société virtuelle. Comme avoir une sorte de club select, fermer les portes et mettre le feu à l'extérieur. Ca serait à notre tour de danser, de ne pas avoir de respect pour ces caves en dehors. On danserait en crisse! Tout le temps.
Me vient en tête un prof que j'ai eut au cégep. Un vieux fou grisonnant qui avait tellement vécu de trucs dans sa vie. À l'époque, je portais à gauche, parce que c'étail cool d'être à gauche. J'étais donc contre les coupures dans l'éducation, les policiers étaient tous des zelés en quête de violence gratuite à l'égard des pauvres petits punk inoffencifs et j'avais un fort dédain des fonctionnaires. Fonctionnaire que je suis finalement devenus. Viva Che. Bref, ce prof nous enseignait l'art de vivre en société. Je me souviens d'une belle discussion que j'avais eut avec ce brillant homme à la fin d'une séance. C'était le dernier cours et j'étais resté pour le remercier pour le cours mais aussi pour les idées. Il me racontait qu'il s'en allait à la retraite et qu'il allait s'acheter une ferme loin de tout. Je lui ai demandé pourquoi. Il ma fait un sourire en me disant qu'il était juste fatigué de se battre. Qu'il avait bien essayé mais que de son vivant, jamais il ne serait satisfait. Il allait dont s'en aller loin pour se faire sa propre vie. Loin des bureaux, loin de l'hypocrisie, loin de tout ce qui ne cadrait pas avec sa notion du respect. Brillant non?
Cet homme est assurément mort aujourd'hui. J'espère qu'il aura passé de belles dernières années. Ce qu'il m'a dit ce jour là, cette minute précise là, je songe fortement à m'en inspirer. Sans nécéssairement m'acheter une ferme, je crois que mon quota de bêtise humaine est accoté solide là. Créer ma petite micro-société entouré de gens qui me respecte et pour qui j'ai que du respect. Ca sonne comme une secte hein. Mais non! Tout en vivant dans cette société de merde, je crois que je vais poursuivre mon chemin en me calissant totalement de tout ce qui se passe autours. En me foutant des chicanes des autres, en n'ayant plus d'intérêt pour tout ce qui concerne la société. La belle affaire. Je vais plutôt m'efforcer d'être présent pour ceux que j'aime et prendre soin de ses derniers. Parce que les autres, je m'en calisse! Fini les gens qui me manque de respect, finies les causes "sociales", fini l'esprit collectif, fini l'idée d'aider son prochain parce que le prochain en question, bin y se crisse de toi. Ca vaut plus la peine.
C'est un peu utopique comme vision des chose, je suis d'accord. Par contre je vais tout faire pour le vivre pleinement. Ceux qui me manqueront de respect, s'exposeront à la même medecine. Pourquoi? Parce que je me fou de tous ceux qui sont pas dans ma "clique". Chicanez vous, battez vous, tuez vous!! J'en ai rien à foutre! Moi ce qui m'importe maintenant c'est de m'occuper de mon monde. Juste eux. Le reste, et bien basta!
Société, ca ne marchera pas nous deux. J'ai bien essayé mais maintenant c'est le temps de passer à autre chose. Tu me mets trop les nerfs et c'est assez là. Tu resteras dans ma vie, et c'est bien parce que je suis obligé. Ne me fait pas chier et je tâcherai de faire la même chose. Je ne partage plus mes draps avec toi, je ne te nourrie plus, j'aimerais que tu ne m'appelle plus. Tes sourires et tes pleurs ne m'appartiennent plus maintenant.
J'ai essayé mais je ne t'aime pas! Bonne chance! Fais attention à toi.
*Écrit sur Unsung de The Dears*
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